Mes 7 « portuguismes » du Brésil préférés

Vivre avec d’autres Français à l’étranger signifie créer un vocabulaire propre, faire naître une langue qui s’est adaptée et a évolué avec des inventions et des inversions, des jeux de mots comme des invitations du portugais du Brésil vivant dans notre langage. Notre français s’est ainsi enrichi de « portuguismes », traductions mot à mot d’un portugais littéral, qui colorent le discours d’absurdités tantôt savoureuses tantôt incompréhensibles pour qui nous entend de loin, et qui révèlent parfois les ponts entre les cultures. Un petit répertoire de mes portuguicismes préférés.

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  1. « Il ne me reste que quelques jours de vacances à tirer ». En portugais du Brésil on « tira férias », c’est à dire qu’on pose les vacances ou qu’on les « tire » en traduction littérale. Ce qui est amusant à mon sens, c’est qu’avec ce portuguisme qui ajoute à notre discours comme un univers carcéral, on ne subit plus une peine ou une sanction « j’en ai encore pour 10 mois », mais on tire du plaisir et des loisirs !
  2. « J’ai perdu mon avion », ai-je entendu déplorer Ugo, abassourdie. Ici « perder seu voo » veut dire rater son avion bien sûr, mais j’aime l’idée que le Brésilien peut perdre même ce qui ne lui appartient pas, car tout ici est physique, tangible, lié au contact et à l’expérience : les objets, les êtres ou les opportunités.
  3. « L’évolution de la pyramide des âges est liée à la taxe de naissance décroissante. », traduction-amalgame de taux et de taxe. C’est vrai cela dit qu’avoir des enfants coûte cher !
  4. « Je dois fermer mes vacances » me disait Glenn récemment, c’est à dire qu’il devait déterminer quand il les posait, en traduisant littéralement de « fechar as férias ». Ce que j’aime dans cette expression, c’est qu’elle révèle que pour les Brésiliens tout ce qui est indéfini est libre et ouvert, et que lorsqu’on fixe une date ou un évènement on se contraint car on «ferme » les possibilités.
  5. « Additionne-moi sur Facebook », car finalement en traduisant ajouter par le synonyme dérivé du lusophone « adicionar » on révèle la dimension disproportionnée, numérique, calculatoire de la grandeur et de l’importance des réseaux sociaux au Brésil.
  6. « On agende une réunion ? » , on ne définit pas une réunion, on ne se met pas d’accord sur un horaire, on inscrit la réunion dans un espace presque concret qu’est un « agenda » imaginaire.
  7. « Je concorde.», car plus que d’être d’accord, que de donner mon accord, je suis le sujet de ma déclaration, je m’affirme encore plus, comme une Brésilienne. Il y a la même idée d’incarner son action ou son affirmation avec l’expression que j’ai entendue : «je ne le préjudique pas » au lieu de « je ne lui porte pas préjudice » car les Brésiliens sont peut-être plus concrets et plus simples et dans leur façon d’être et de penser.

Et vous ? Quelles expressions franco-portugaises rythment votre discours ? Vous êtes-vous reconnus dans ce lexique?

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