10 lieux qui me sont chers au Brésil

Qu’est ce qui rend un endroit spécial, un souvenir unique ? La beauté du lieu bien sûr, mais aussi les personnes qui nous ont entourés, le temps, l’expérience.  Je n’ai pas tenté de démêler les fils du souvenir, j’ai juste rassemblé les endroits que je pense que chacun devrait voir au Brésil s’il en avait la chance, parce que parmi les voyages fabuleux de presque 2 ans cumulés ici, ce sont qui sont restés chers à ma mémoire.

  1. Rio l’indétrônable, les plages peuplées avec les vagues puissantes qui lèchent les pieds et viennent rogner l’espace sec sur le sable, au soleil fort de l’après-midi ou à la lumière couchante dorée qui enveloppe les monts verts au loin, alors que les Cariocas se promènent ou jouent au foot ou au volley, et puis les lieux de la nuit, les bars à samba, les fêtes de Lapa, des places immenses où se rassemble la jeunesse ivre d’alcool peu cher et de contacts faciles, de rires et de funk. La baie de Rio de Janeiro regorge aussi de paysages fabuleux, de vues imprenables, connues ou cachées, de couchers de soleil flamboyants, de randonnées réjouissantes, de lieux de vie. C’est une ville de jour et de nuit, facile et joyeuse, ouverte, dure et inégale mais merveilleuse et éclatante de couleurs.
  1. La beauté foudroyante de Chapada Diamantinha à Bahia, les paysages somptueux, l’immensité verte qui nous fait sentir petits et insignifiants alors que les mFullSizeRenderontagnes et les plateaux sur lesquels on s’efforce d’avancer sont là depuis la nuit des temps. Des générations de marcheurs viennent contempler la beauté immuable de la nature puissante. J’ai déjà décrit Chapada Diamantinha que j’aime tant que j’y suis retournée et dont pourtant je n’ai vu que peu ! On y admire les châteaux rocheux dont la couleur change à mesure que le soleil se couche, la pierre se  fait plus rosée et plus dorée, chaude comme elle s’imprègne de la lumière du jour fuyant. Des cascades, des piscines naturelles qui sont révélées par des heures de marche sur des plateaux exposés au soleil, des précipices qui révèlent le vide et la nature verdoyante, massive, majestueuse.
  1. Les draps de sables qui referment les lagunes d’eau turquoise de Lençois Maranhenses à la fin de la saison des pluies en juillet, au Nord du Brésil. On marche dans le sable, dans les dunes, et nos pieds s’enfoncent dans les draps chauds, et la trace de nos pas sera vite recouverte par les grains de sable soulevés par les vents. Aussi forte qu’ait été notre impression, autant de photos qu’on ait pris pour saisir l’instant, toute preuve de notre passage est effacée aussitôt qu’on a doublé la dune suivante.

Des dunes, de l’eau, un ciel nuageux qui baigne d’une lumière presque irréelle le sable, et une impression d’infini. Les 3 jours à parcourir le parc naturel, tantôt à pied, en jeep ou en quadricycle remplissent de sérénité, brûlent la peau et laissent émerveillés. On avait marché avec mon amie Claire jusqu’à l’Océan Atlantique, à l’eau étonnamment chaude alors qu’en face on imagine l’Amérique du Nord, et on avait dormi à la belle étoile au milieu du désert, dans des hamacs bercés par le vent. Quelle expérience extraordinaire !

  1. Le douceur tropicale du Pantanal. C’est lent le Pantanal, c’est chaud et pesant, on se meut avec lourdeur, empêtrés dans les couches qui nous protègent des moustiques, et pourtant on observe la légèreté des oiseaux au lever du soleil, leur cacophonie de cris et de chants dans la grâce de leur vol. Ils viennent se nourrir des poissons dans les lacs temporaires créés par le retrait des eaux à la saison sèche qui ont recouvert les terres pendant la saison des pluies. Quand l’eau se rétracte les poissons sont prisonniers des longues étendues d’eau isolées, et les oiseaux et caïmans viennent profiter de ces viviers naturels. Le spectacle du festin est impressionnant et poétique, quand les oiseaux diurnes croisent dans le ciel les prédateurs nocturnes qui rentrent IMG_8709se coucher au jour levant. Vers 7h du matin quand le soleil est en place, les caïmans repus vont dormir au soleil et tous rotent  pour exprimer leur satisfaction d’une nuit de gourmands ! On croise des espèces variées d’oiseaux colorées, des aras, des perroquets, des toucans, des chouettes, des Tuyuyus et des animaux attendrissants. On se réjouit en permanence de rencontrer des fourmiliers, des biches et d’autres surprises à pattes ou à plumes.

Si vous allez au Pantanal, vous pouvez aussi faire un saut à Nobres pour y voir les eaux transparentes d’un bleu profond où nagent des poissons variés et des touristes palmés. Allez aussi voir les paysages impressionnants des montagnes de Chapada dos Guimarães.

  1. La charme historique des villes du Minas Gerais, découvertes avec mes parents et un guide formidable qui a su faire parler les pierres, les a prises comme témoins de l’exploitation des esclaves au temps où on tirait profit de l’or et des pierres précieuses de la région. C’est un voyage pour qui a le temps de se perdre dans les petites rues pavées, observer les rez-de-chaussée des maisons coloniales, admirer les églises richement ornées, les parures d’or et de bois. On visite des anciennes mines, entre Ouro Preto et Mariana, on découvre Tiradentes et puis surgissent les prophètes alignés dignement à Congonhas, créés par l’artiste estropié du XIXème siècle Aleijadinho.

Sur la rampe qui mène à l’église, il a sculpté les 12 prophètes de l’Ancien Testament, chacun porteur de son histoire, une face et une expression différente : concentré, illuminé, en colère, visage jeune ou âgé, calme ou attentif. C’est une impression saisissante de beauté et de religion.

  1. Les impressionnantes chutes d’Iguaçu, qu’on visite du côté brésilien et argentin. C’est une merveille naturelle que chacun devrait avoir la chance de contempler pour admirer l’eau jaillir à flot, immense, bruyante, saisissante ! On croise aussi des toucans, des coatis, ces sympathiques cousins des ratons-laveurs, des papillons par dizaines qui volettent et s’abreuvent dans les flaques d’eau. On peut aussi visiter le Parc des Oiseaux.
  1. Ilha Grande, la forêt, les cascades. Les balades en bateau ou à pied, les plages discrètes ou fréquentées, les palmiers, les maillots de bains, la fête, l’alcool, la musique, la nature.

Qui va à Ilha Grande peut en profiter pour faire un saut à la si belle Paraty, c’est rapide en bus et en bateau.  A Paraty on admire les façades des maisons blanches aux contours colorés à la mode portugaise, les rues pavées irrégulières, les vieilles églises, et les plages sauvages alentours qu’on découvre presque seuls au monde, avec des singes, des serpents et des oiseaux crieurs de la forêt atlantique.

  1. Salvador la pépite, avec le cœur historique du Pelourinho, les rubans de couleurs qu’on noue aux poignets en souvenir de la mystique église de Nossa Senhora de Bonfim, la variété des couleurs de peaux dans une fusion des cultures, des religions et des histoires du Brésil, de l’Afrique et de l’Europe. Les plages qui semblent dessertes et puis pointent des tortues qui pondent leurs œufs sur les côtes avant d’entreprendre la dangereuse traversée du retour vers le continent africain. Salvador c’est aussi la musique, la nourriture riche et pleine de saveurs, la religion exaltée, les corps sculptés des danseurs de capoeira ou voluptueux des Bahianaises.
  1. La sauvage Amazonie. Contrairement au Pantanal, l’Amazonie n’offre pas ses animaux aux regards faciles. Il faut fouiller la forêt, remonter les fleuves longtemps sur les bateaux, marcher dans la jungle et patienter, rester, voir venir. L’Amazonie c’est l’attente dans la chaleur et le calme, le silence et l’observation. C’est un autre temps : de contemplation, de pêche, de repas délicieux, de rencontres, de marche, de langueur, de conversations avec l’amie chère qu’est Tif. Un très beau voyage à la découverte d’arbres immenses, de troncs énormes, de lianes abondantes, de racines apparentes emmêlées, de senteurs vertes, de couleurs épanouies à profusion. Et puis des animaux discrets, cachés, qui se révèlent à l’œil exercé. La nature dépaysante, surprenante, puissante et majestueuse.
  1. São Paulo, ma ville. On dénigre São Paulo, on la trouve polluée, trop grande, trop étendue, trop dangereuse, moche et déformée. Elle est tout ça; mais elle est aussi remplie de coins de verdures dans les beaux quartiers, jardins immenses aux arbres tropicaux et aux fleurs odorantes, forêts de buildings et profusion de restaurants fabuleux, bars chantants, concerts en plein air, boutiques qui glorifient la consommation 7 jours sur 7, gens qui marchent et qui se croisent, fourmilière géante en forme de carrefour, de passagers en transit ou en galère.

São Paulo ce sont les routes  où l’on attend dans les embouteillages, les Brésiliens qui mettent souvent plus d’une heure le matin et le soir pour aller travailler résignés et patients, l’air chaud qui étouffe dans le bus et le métro, les mendiants, les voleurs et les honnêtes, la jetset, les riches qui vont dans des boîtes où l’on paye un droit d’entrée pour ne pas se mélanger aux moins riches. C’est une ville de contrastes et de confrontation, une ruche qui t’enseigne la patience et la réactivité, où l’on attend aux feus avant de marcher pressés sans se croiser du regard, et puis les botecos aux coins de rue, où l’on déguste des jus, des sandwichs rapides, où on prend le temps de se parler, de commenter, de s’indigner ensemble.

Le week-end, le rythme est plus calme et on se retrouve au parc, on va courir dans les allées vertes, on mange des glaces et on boit des coups, on sort jusqu’au matin, on mange à toute heure, et on est bien ou moins bien. São Paulo est vive et rapide, agressive et dynamique, ses rues sont tordues et irrégulières, c’est la ville aux quartiers variés qui vibre 24 heures sur 24, qui fascine, dégoûte ou enthousiasme.

 

J’ai choisi ces 10 lieux et j’en ai encore tant d’autres en tête, auxquels j’aurais pu trouver une place : Inhotim, le musée de la nature et de l’art moderne, Jericoacoara la ville de pêcheurs de  sable et de vent où on se balance dans des hamacs dans l’eau, la douce Florianopolis,  les plages du littoral de São Paulo…. Il me reste encore 8 mois environ au Brésil pour continuer de découvrir ce pays-continent si riche et si varié, extraordinaire et foisonnant,  et peut-être que je mettrai à jour ces destinations de mon Brésil, celui que j’aime et que je connais.

Et vous quel est « votre » Brésil?

 

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