Deux ans moins un jour

Tu auras 2 ans demain, et c’est la dernière fois que tu doubles ton âge en un coup.

Deux courtes années, et tu es pourtant tellement riche d’expériences et d’aventures.

Tu as pris au cours de ta vie plusieurs fois l’avion pour l’Italie et la France, et tu imites d’ailleurs très bien l’avion qui décolle avec ta main qui monte vers le ciel, accompagnée d’un vrombissement impressionnant!
Tu sais bien entendu aussi mimer la voiture “vroum, vroum”, le klaxon, la sirène des pompiers et tous les cris des animaux possibles – y compris le barrissement de ton fidèle éléphant en peluche, Pil.

Tu es obsédé par tout ce qui roule, tu n’hésites pas à enfourcher les vélos et tricycles que tu vois au parc ou en promenade, car le concept de propriété ne t’intéresse pas. Les voitures, tracteurs, camions et camping cars font ta joie et tu essayes d’ouvrir la portière de tous les véhicules pour te mettre à la place du conducteur et appuyer sur tous les boutons.

On fêtera ton anniversaire en 3 langues, puisque tu connais la chanson en français, en italien et en hébreu.
Tu réclameras probablement qu’on te chante aussi tes chansons préférées “Le grand cerf”, “Les crocodiles”, “1,2,3 3 petits chats”, “Ata katan” (tu es petit) “Boker tov la guf sheli” (bonjour à mon corps), “é per te”, ou un autre morceau de ta plAVIlist, créée par ton père, que tu sais déjà faire défiler (avancer ou pauser) sur nos téléphones ce qui est à la fois déprimant et charmant. Tu adores chanter, seul ou accompagné, et tu as un incroyable sens du rythme quand tu danses, hérité de ton père.

Au cours de cette année, tu t’es mis à babiller, puis prononcer des ébauches de mots, et depuis cet été tu discours gaiement.
Le lapin des histoires qu’on te lit le soir a été identifié comme “Pin”, puis “Palin” et enfin a retrouvé son identité entière de lapin depuis quelques semaines. Tu as commencé à désigner les choses par leur dernière syllabe, et maintenant tu attaques les mots de 3 ou 4 syllables vaillamment, avec un taux de réussite plutôt honnête, si on t’autorise une marge de créativité, comme pour “cinocéros”!
Tu demandes en pointant du doigt les images “c’est qui ? c’est qui?” Et tu répètes ce que tu entends. Tu sais exprimer tes besoins “encore” ou “assez”, et ton nouveau mot favori est “arrête!”

Tu t’es mis à former des phrases: “où est Avi?”, “il est là!”, “qu’est ce qu’il fait, papa?”, t’exclamer “c’est chaud” ou “c’est froid” (pas toujours en lien avec la température réelle), “c’est parti kiki” (sans le “mon”) et plus récemment “attention, le dos d’âne”, malheureusement prononcé une fois le ralentisseur passé, ce qui réduit grandement l’utilité pour le conducteur.

Tu sais compter en hébreu et en français jusqu’à dix sur tes doigts, ou en tous cas tu connais les numéros dans un ordre relatif.  Tu connais les parties du corps et quand on te le demande, tout est rouge, car c’est la seule couleur que tu acceptes de nommer.

Tu aimes te cacher et qu’on te cherche, ce qui est chose aisée car tes dons de camouflage sont pour le moment inexistants.

Tu ne connais pas le mal. Tu n’as peur de rien, à part des petits chiens qui aboient fort, (mais tu es à l’aise avec les gros).
Tu es confiant, curieux, tu t’adresses librement à tous ceux que tu rencontres et charmes. Ta Nonna t’a appris à remercier, et tu ne t’en prives pas, tu salues aussi chacun le matin, et les quittes d’un “salut”, “ciao”, “au revoir” et même “à lundi” – invariablement tous les jours de la semaines.
Tu es joyeux, et heureux, même si parfois le matin tu es grognon, comme ton père. Tu ris aux éclats quand il te “trastoule” (chatouille) ou te lance vers le ciel. Tu aimes lire des histoires que tu choisis toi, le soir.

Ces derniers temps tu ne supportes pas qu’on te refuse quelque chose (ou qu’on t empêche de t enfuir en pleine rue) et tu te laisses glisser par terre en hurlant, mais on parvient généralement à divertir ton attention. Tu continues de ne pas comprendre l’utilité de s’habiller le matin, ou notre obsession de vouloir changer ta couche plusieurs fois par jour t’irrite.

Tu aimes réciter les prénoms de toutes les personnes que tu connais : Papa et Maman, Nonna, Mamie, Daniel, Babou, Cam et Roy, tous tes petits cousins, et la ribambelle de tatas et tontons de cœur : Tatay, Juju, Sarah, Daph, Mike, Ben, Rémi et Maor, bien sûr les puéricultrices Irena, Shulamit, Mina, Hila, et tous les enfants de la crèche et surtout Naomi et Jason, tes meilleurs copains.

Tu chausses et ornes ta tête de toutes les chaussure, chapeaux et lunettes que tu trouves sur ton chemin.

Tu manges tout seul mais préfères piocher ce qu’il y a dans l’assiette de tes parents. Tu réclames des bouchées en scandant : “Avi! Avi!” Tu aimes boire l’eau au verre, comme les adultes, mais ne résistes jamais au plaisir de le renverser, et tu es encore très attaché à ton « birron » (biberon).

Tu sais traduire certains mots de l’hébreu au français, matos-avion, pil-éléphant, celev-chien, mehonit-voiture et hatul-Chalom puisque tu n’as pas encore compris que tous les chats ne s’appellent pas Chalom, comme le nôtre.

Avec tes cheveux blonds-châtains bouclés relevés en chignon on te prend parfois pour une petite fille (en France, souvent) mais ça ne t’émeut pas. Tu es grand pour ton âge et tu pèses juste le poids qu’il faut selon les courbes de développement. Tu pousses comme une plante bien arrosée de notre amour.

Tu changes chaque jour et je n’ai pas le temps de noter tous tes progrès.
Ta première année a pris son temps mais la deuxième s’est élancée avec hardiesse et on peine à te suivre tout apprendre, tout voir, tout imiter, tout dévorer.

C’est un plaisir de te voir grandir et avancer dans la vie, notre Avi.

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