10 surprises amoureuses et sexuelles au Brésil

Pour cet article écrit presque de façon collégiale puisqu’il naît de discussions et d’observations variées, j’ai rassemblé toutes les surprises auxquelles les Français et Françaises peuvent être confrontés en débarquant au Brésil ou en fréquentant un Brésilien. Si vous voyagez au Brésil ou si vous êtes pris dans les filets amoureux de la sensualité brésilienne, vous voici prévenus !

  1. Si vous imaginez le Brésil comme le pays de la sensualité et du contact, vous avez raison. Tout est chaud ici : le climat du soleil qui brûle et la chaleur moite et tropicale, la nourriture frite et grasse, la nuit, les sorties, la plage, la fête, mais surtout ce sont les corps qui s’échauffent et les rapports entre les personnes qui sont enflammés, ardents, bouillants. A Rio en boîte, si on veut avoir la paix et danser sans draguer, il faut parfois baisser le regard car n’importe quel échange peut être interprété comme une invitation et une première phase de séduction. Tout est une incitation à la sensualité : la danse, le passage, le frottement des corps, le regard et la discussion. Les Brésiliens sont les maîtres de la séduction, il y a six ou sept façon de dire « draguer » en portugais : paquerar, chavecar, flertar, se engraçar, estar de sambarilove… Et il n’y a jamais de demi-mesure : pour séduire, un Brésilien peut dire à peu près tout et surtout n’importe quoi, c’est le jeu du discours et de la surenchère, de l’extrême et du compliment, au premier degré. Combien de fois est-ce la première fois que mon interlocuteur ressent une telle intimité avec quelqu’un qu’il vient de rencontrer ? L’impression qu’on peut tout se dire et qu’on se comprend ? Que je suis vraiment différente ? Que les Françaises sont spéciales ? On est prévenues et pour autant c’est si facile d’être trompées !
  1. Peut-être la différence la plus radicale réside-t-elle dans le duo ficar/namorar. Au Brésil soit on est en couple sérieusement (on « namore »), soit on joue : on « fica ». Avant d’être en relation sérieuse, on n’a le droit à aucune préférence, c’est la liberté absolue pour les deux partenaires. Tu peux embrasser, toucher et coucher avec n’importe qui puisque le ficante n’est impliqué dans aucun engagement. Ainsi, tu peux tranquillement arriver avec un ficante à une soirée et repartir avec une autre personne, embrasser au cours de la même soirée deux amis ou flirter avec plusieurs mecs ou filles le long d’une journée : personne ne juge, personne ne condamne, personne ne crée d’attente. Pour nous les Françaises c’est particulièrement difficile à comprendre, puisqu’il ne s’agit même pas uniquement de sexe, tu peux échanger beaucoup avec un ficante, la relation peut durer des mois, tu peux rencontrer ses amis, sortir régulièrement avec, mais tu n’as le droit ni à l’engagement, ni à la fidélité : c’est le beurre et l’argent du beurre ! Certaines filles pensent que comme il y a au Brésil un homme pour deux femmes et à Sao Paulo un homme pour trois femmes avec la forte représentation de la communauté gay (donnée absolument pas statistique et obtenue lors d’une conversation ivre), les hommes se sentent plus libres et les femmes acceptent plus d’écarts.

A contrario, lorsque la relation devient sérieuse, l’engagement se radicalise complètement. Lorsque l’un des partenaires demande l’autre en namoro, ils deviennent officiellement un couple aux yeux du monde. Une collègue a fiqué un mois, puis a obtenu le Saint Graal de la situation de namoro, et a immédiatement été entraînée dans l’engrenage des présentations familiales, des repas en couple entre amis, de la vie à deux en permanence.

D’un naturel jaloux, jamais une Brésilienne ne laissera sortir son mec seul avec ses amis sans être présente. C’est impossible d’inviter un Brésilien sans son namorado ou sa namorada. Pour symboliser cette fusion absolue, les namorados portent fréquemment des bagues (qui peuvent être achetées par les familles), comme une étape avant les fiançailles mais pas nécessairement puisqu’un namoro peut durer des années.

Je crois que c’est le contexte ambiant de sensualité que j’ai décrit qui explique cette opposition entre liberté déchaînée et engagement absolu presque tyrannique. En tous cas c’est très dépaysant, (même si les Expats en profitent largement!), et fondamentalement différent de notre vision du couple en Europe.

  1. Pour illustrer cette différence et l’appliquer à un cas précis, je m’appuierais sur la Saint Valentin, comme me l’a conseillé ma copine Coline. Pour l’anecdote, ici le Dia dos Namorados a lieu au mois de juin, car février est déjà pris par la célébration du Carnaval. C’est sûrement un des jours les plus tendus de l’année, car tous les namorados doivent prouver aux namoradas à quel point ils les aiment et les chérissent. Par exemple, l’an dernier le Dia dos Namorados était un vendredi et les Brésiliens sortaient tranquillement du bureau dès 16h30 pour organiser la soirée du siècle. Difficile d’imaginer l’ampleur de l’orchestration, les restaurants et les hôtels sont complets des jours à l’avance et d’un côté les Brésiliens qui namorent ont presque le pistolet sur la tempe alors que les ficantes ne se donnent aucun signe de la journée, bien trop effrayés de laisser croire à l’autre qu’ils sont en namoro. Autre souvenir formidable: le lundi matin suivant en demandant à un collègue comment s’était passé son Dia dos Namorados, la réponse comme une évidence qui fuse « Muito sexo! » Bien sûr!
  1. Pour revenir à la phase de séduction, un autre choc culturel est sans doute lié à la bestialité de la chope, la violence animale du baiser qui commence avec un regard incandescent en boite ou en soirée, avant de se jeter l’un sur l’autre en public, sans aucune limite ou retenue. Pour les anciens étudiants d’écoles d’ingé ou de commerce, c’est le retour aux souvenirs de soirée d’école plus imbibés d’alcool que légèrement éméchés à rentrer intensément et de façon inopinée dans l’intimité buccale des étudiants de la même promotion : un choc. Entre filles on parle d’un baiser « acharné » ou bestial, ou le visage de l’un disparaît quasiment sous les assauts linguaux de l’autre, et j’exagère à peine ! On compara les impressions du baiser à celle d’un passage dans un tambour de machine à laver : franchement désagréable la plupart du temps.
  1. J’ai évoqué les joies de la séduction, les expressions variées et fleuries pour appâter et aguicher, mais il vous faut savoir que la parole n’a aucune valeur. Aussi vite que le soufflé est monté il retombe, après vous avoir éblouis votre séducteur ou séductrice disparaît, parfois sans même avoir obtenu ce qu’il cherchait. Il n’a voulu que jouer, cajoler, embobiner, ravir. Les Brésiliens n’ont aucune consistance, aucun respect des engagements. On peut proposer de se revoir par message mais ne jamais être disponible, s’engager à se retrouver et ne pas arriver, mais le tout dans la bonne humeur et le contact facile car tout va bien, rien n’est grave. Il faut simplement s’habituer et s’attendre à n’avoir aucune attente.
  1. Ce libertinage, cette facilité des relations, le fait que rien ne soit important et que tout soit tranquille, donnent vraiment une teinte particulière aux relations amoureuses du Brésil, les garçons sont légers et enjoliveurs et les filles gaies mais désabusées. La célébration du Carnaval porte haut les couleurs de la sensualité, des plaisirs des sens et des êtres déguisés, dénudés, débridés. Un dicton dit « Te amarei de março a janeiro, porque fevereiro é Carnaval » : je t’aimerai de mars à janvier car février est le mois du Carnaval. Et de fait dans les rues, dans les stades et les sambodromes, on se regarde, on s’observe, on se cherche, on se touche, on s’embrasse sous les cris d’encouragements « Beija, beija » (embrasse-le ou la), on perd on prend, on se plaît et on se passionne, momentanément évidemment car il y a trop d’énergie et de vie, trop de sensualité et de plaisirs pour se contenter d’une seule occasion ! Une autre expression du Brésil explique « melhor solteiro no dia dos namorados, que namorando no carnaval », en clair il vaut mieux être célibataire à la Saint Valentin qu’en couple à Carnaval !
  1. Comme les Brésiliens vivent longtemps chez leurs parents, plus Tanguy que nous les Français, et continuent de privilégier les cohabitations familiales même lorsqu’ils travaillent, ils n’ont pas d’endroit pour assouvir leur passion. C’est ainsi que les motels le long des routes ou dans les villes sont florissants, ce sont les refuges des amours des couples officiels ou libertins. Les Brésiliens sont enchantés par les motels, qui pour attirer les amoureux déploient des trésors de luxe et d’inventivité (lit king size, lit à eau, jacuzzi, shampoings parfumés, miroirs variés, restaurants proches) et proposent des thématiques exotiques : motel égyptien, japonais, avec des barres de pole-dance… On peut vivre en autarcie dans un motel en amoureux, et c’est tout-à-fait accepté et valorisé.
  1. Quand ils passent à l’action, et c’est peut-être lié au peu d’éducation sexuelle qu’ils reçoivent, les Brésiliens tentent systématiquement de négocier l’abandon du préservatif, même si l’époque de Carnaval coïncide avec le pic de ventes de contraceptifs ! Le préservatif porte ici le nom de « camisinha » ou petite chemise, mais même avec un nom si charmant, nombreux sont ceux qui tentent de sortir non couverts !
  1. Si le Brésil est le pays de la sensualité, c’est aussi celui de la parole. Même quand ils font l’amour les Brésiliens ne cessent de parler, de s’extasier et de se réjouir. Ils commentent tout ce qui leur arrive en temps réel, « que gostosa », « amei », « vou gosar » : comme tu es belle, je suis bien, je vais jouir ! Et ils ne cessent d’échanger tout au long de l’action, provoquant parfois des fou-rire de choc culturel. Je dédicace ces lignes à la personne à qui l’on a demandé la « posição de 4 », ce qui a entraîné un regard d’incompréhension et une tentative désespérée de compréhension sans dictionnaire à portée de main !
  1. Enfin et c’est sans doute logique, les Brésiliens et les Brésiliennes continuent d’être libérés et ouverts au moment du débriefing et des commentaires entre amis. Peut-être l’un de mes moments préférés au Brésil est-il celui où une amie brésilienne m’a raconté ses situations loufoques et ses rencontres invraisemblables au volant de sa voiture, passant les vitesses entre deux éclats de rire. « Et là, le mec m’a mordue jusqu’au sang, j’ai gardé la cicatrice pendant des mois sur la cuisse. Qu’est-ce que j’ai fait ? Je l’ai giflé bien sûr ! » Les Brésiliennes sont généreuses, drôles et imagées, sensuelles et épanouies, comme nous bien sûr, mais à foison et sans limite ! Mention spéciale à ma phrase préférée que j’ai entendue dans une conversation de compte-rendu banale lors d’un déjeuner : « Achei que ele ia enfiar meu nariz com o pinto. » (J’ai bien cru qu’il voulait me remplir le nez avec son sexe). Tout à fait à l’image des relations au Brésil : exceptionnelles et captivantes.

Et vous, êtes-vous surpris? Ou plutôt d’accord?

7 réflexions sur “10 surprises amoureuses et sexuelles au Brésil

  1. Ça reste toujours aussi surprenant de lire sur leur comportement… Mais c’est tellement vrai!! Et tellement relou en même temps! Mais on les aime bien quand même :). Bravo pour l’article! Adorei

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  2. Oh, tu tiens un blog toi ? :-)
    Chouette article, très vrai, encore que j’ai pas vécu les baisers bestiaux d’un mec :-D C’est pas faute d’avoir eu des propositions pourtant x)
    Le point 7 mérite approfondissement cela dit, tu as pas fait un top de tes visites de motels ? ;-)
    Aproveite !

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  3. « Il a essayé de me remplir le
    Nez avec son sexe » et environ une dizaine d’autres phrases qui méritent d’être notées, sur lignées,
    Répétées et réécoutées.
    Super ton article !!! <3

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  4. Tellement drôle et si vrai !
    C’est comme un flash-back de cette fameuse année…
    Honnêtement cet article devrait être inclus dans les docs de présentation des destinations par les ESC au même titre que les démarches de la policia fédéral ;)

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  5. Tati, apesar de você comentar de uma forma generalista, os seus pontos de vista se relacionam mesmo com um comportamento majoritário. No aspecto erótico, infelizmente o brasileiro reproduz o corportamento da pornografia mainstream, que é Machista. Transar como o brasileiro transa é mais por um ideal (inconsciente) machista do que por um ímpeto ou urgência orgânica. Bonne nuit.

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